L'éducation peut-elle seule contribuer à l'émergence d'un homme libre ?

Rares sont ceux qui pensent que l'éducation est suffisante pour l'émergence d'un homme libre . Cette opinion étant d'ailleurs sujette à de nombreuses conditions. Plus répandue est la conviction que l'éducation peut être dévoyée et formatée par des régimes autoritaires. De plus, des tyrans et des sanguinaires ont pu se prévaloir d'une éducation proche de la nôtre.

L'éducation est considérée comme nécessaire mais non suffisante. L’éducation parentale attire assez peu l'attention de nos Commissions, son rôle formateur est sporadiquement évoqué, les transformations de la cellule familiale n'obtiennent que peu de considération . Plus présent est le rappel que la liberté ne s'épanouit pas en dehors des contingences matérielles. Et que le premier cri de l'homme qui se libère est un « non ». L'éducation scolaire est un des moyens pour bâtir un homme libre, pour peu qu'elle transmette au-delà des savoirs, les valeurs humanistes et morales, la capacité de réfléchir et de critiquer, ainsi qu'un sens du devoir. Souvent, l’éducation est appréhendée de façon très abstraite. La morale est placée au centre d’une éducation qui se répand dans des domaines très vastes comme la démocratie ou l’art, sans que les émetteurs de cette éducation soient bien identifiés à moins de considérer que cette éducation est dans tout. Est également affirmée la nécessité de dépasser le »s simples répétitions pour introduire une marge afin que l’individu s’émancipe et développe un possible renouveau de la règle. Enfin la maçonnerie est perçue comme un lieu d’éducation répondant au but d’améliorer à la fois l’homme et la société.

Si la contribution de l’éducation n’est pas suffisante pour l’émergence d’un homme libre quels en seraient les autres vecteurs ? La liberté ne se développera vraiment qu’à la lumière d’un idéal qui transcende, d’une utopie qui la guide, de projets qui l’animent.

La construction d’une société plus libre et solidaire passe par des échanges et des efforts vécus collectivement comme le service civique par tous et pour tous.

Enfin moins pragmatique et plus théorique : devant le constat que la liberté est rarement figée mais plutôt en devenir, pourquoi ne pas développer une éducation qui fasse de nous des nomades de la pensée ?