Comment occuper pleinement le terrain du combat laïque que d'aucuns prétendent accaparer ?


Fille de la IIIéme République, la laïcité est un cadre, une règle primordiale de respect des croyances et convictions. Elle est un principe politique d'organisation de la société fondée sur la séparation des Eglises et de l’État. La laïcité est une conquête fragile. C'est à la fois un idéal universaliste et un principe juridique qui fonde l’État de droit autour de valeurs démocratiques. Elle est inclusive en ce sens qu'elle n'exclut aucune religion. Le combat pour la laïcité date d'un siècle et plus, l'application de la Loi s'enferre désormais dans un contexte social et économique différent.

La grande problématique qui semble se dégager est la suivante : quels outils pour combattre avec rigueur les communautarismes de tous ordres ?

Proposer une laïcité intransigeante mais sereine à l'égard des croyances en abrogeant, par exemple, le concordat en Alsace-Moselle où les religions reconnues sont salariées et subventionnées par l’État .Cela permettrait d'adopter une vision laïque égalitaire sur l'ensemble du territoire national d'autant que les flux migratoires du XXéme siècle conduisent au risque que l'on revendique sa religion avant sa nationalité. Pour une société multiculturelle, le concept à rétablir est bien celui de citoyenneté.


Repenser l'école c'est aussi renforcer les valeurs de laïcité. Pour rétablir le terrain perdu dans les domaines publics et notamment dans l'enseignement, il est indispensable de remettre l'éducation au cœur du débat. La laïcité s'installe et se construit par l'éducation. L'enseignement laïque de la morale doit occuper une place essentielle, en accompagnant et en formant les enseignants dans le cadre d'un module laïque et d'un programme d'instruction civique et de l'histoire des religions. C'est un catéchisme laïque qu'il faut transmettre car comme le suggérait Régis Debray, il faut considérer «  l'enseignement du fait religieux dans l'école laïque comme fait de civilisation » complété par le Service civique.

Reformuler nos institutions, c'est promouvoir la laïcité. Il va s'agir de réclamer l'exemplarité de nos élites et de former les élus de la République avec la création d'observatoires locaux de la laïcité, de créer également le statut de conseiller humaniste, pour développer les structures sociales favorisant l'altruisme.

Affirmer que la laïcité n'est fille d'aucune confession en promouvant les principes laïques, en facilitant les échanges oecuméniques pour le mieux vivre ensemble ; en veillant au devoir de neutralité des élus en organisant enfin la journée du 9 décembre comme journée de la Laïcité. Sur le registre privé, promouvoir la laïcité dans les entreprises et faire évoluer le concept en fonction des avancées sociales. Construire enfin la laïcité au niveau européen avec un socle des valeurs laïques.


En conclusion, les croyances emprisonnent l'esprit humain et empoisonnent la société. La laïcité ne doit pas être un bastion à défendre,mais une valeur à faire partager, combat de la franc-maçonnerie, puisque inscrite dans notre Constitution. Promouvoir le vivre ensemble pour propager ce principe avec vigueur et réintroduire une responsabilité partagée sont des axes primordiaux. La laïcité ne souffre pas de timidité. Nous devons être imaginatifs et subtils pour le bien de la laïcité, vigie contre les extrémistes et les intégrismes.